Même si depuis Alfred Hitchcock dans les années 1950, les cinéastes ne dénigrent plus autant le médium télévisuel, certains allant même jusqu'à réaliser des épisodes ou à créer et diriger des séries (David Lynch, Quentin Tarantino, Martin Scorsese, David Fincher, Gus Van Sant, Steven Soderbergh...), les idées reçues sur la petite lucarne demeure. Média « de l’oreille » (Olivier Aïm) et robinet à images sans valeur esthétique, la télévision est souvent associée à un artisanat de la « narration habile » (Jean-Baptiste Thoret) dans lequel le scénariste est roi et le réalisateur un simple exécutant. A partir de ces a priori, nous nous proposons de questionner récits et images, mais aussi les formats, des séries télévisées contemporaines à travers le prisme de l’esthétique, de la narratologie mais aussi de l’éthique. Au travers des représentations sociales et culturelles, il s’agira de penser l’importance de l’expérience esthétique, des choix narratifs et des formats sériels (notamment semi-feuilletonnant), comme vecteurs tout à la fois d’une construction d’« auteurité » et une mise en lumière d’enjeux éthiques. Nous nous appuierons principalement sur l’analyse de séries télévisées américaines, issues de genres variés, apparues depuis 1990 et offrant souvent une liberté créative à des personnalités venus du cinéma ou influencées par une esthétique « cinématographique » (Twin Peaks, X-files, NYPD Blues, Urgences, Millenium, Oz, Les Sopranos, 24, CSI, The Shield, The Wire, Carnivale, Lost, The Leftovers, Breaking Bad, Person of Interest, Hannibal, Mr Robot, True Detective, Boss, House of Cards, Mindhunter...).


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